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23/11/2008

Le journalisme : un métier de la mort en RDC

 

Encore un journaliste tué  en République démocratique du Congo! Didace Namujimbo, journaliste à Radio Okapi (radio de l'Onu), âgé d’une trentaine d’année a été froidement abattu le 21 novembre à Bukavu, chef lieu de la province du Sud Kivu, dans l’est de ce pays. Après le meurtre toujours dans la même ville de Serge Maheshe, son collègue et ami, ce crime abjet plonge l’ensemble des journalistes congolais dans l’insécurité totale. J’irai même plus loin en affirmant que le journaliste congolais sait d’office que la mort l’attend à chaque fois qu’il a fini son travail.

Cette mort ne concerne pas les journalistes « d’Etat » qui tiennent des propos et des informations confortant carrément le pouvoir en place. Des journalistes qui se laissent corrompre, qui se font la caisse de résonance des hommes politiques puissants, des journalistes qui ont induit la population en erreur pendant les éléctions de 2006.

Cette mort concerne plutôt ceux qui, au moyen de leurs images, leur stylos ou leurs micros, osent dénoncer un régime autocratique d'apparence démocratique.

franck-ngyke[1].jpgEn novembre 2005, Frank Ngyke, journaliste dans le quotidien "La Référence" a été assassiné à quelques mètre de chez lui .

Louis BAPUWA MUAMBA, ancien journaliste à l’Agence France Presse (AFP), au magazine "Jeune Afrique Economie " et enfin indépendant publiant dans les journaux dits de l’" opposition politique" a été abattu, lui en 2006  dans sa chambre.auteurs%5Cimages%5Cbapuwa_mwamba[1].jpg

Le fiasco des procès des assassins présumés de tous ces journalistes a rendu possible d’autres éventuels crimes. Les récidivistes sont encouragés, les auteurs de crimes courent toujours les rues.

Si ces  grands journalistes expérimentés ont été assassinés pour avoir dit tout haut ce que les autres disent tout bas, d’autres sont arrêtés sans procès puis torturés. A peine trois jours, Mbuyi Bwebwe, Directeur de programme de la chaîne Raga TV a été ecroué avec deux autres journalistes dans les cachots de l’Agence nationale de renseignement, ANR, pour avoir diffusé une interview d’un opposant, Roger Lumbala. Celui-ci critiquait le président joseph Kabila qui avait décidé de déplacer ses bureaux pour l’Assemblée nationale. En sus de ces cas très connus, beaucoup d’autres chevaliers de la plume croupissent en prison  sans procès et pendant plusieurs années.

Inversant  l’échelle des valeurs, au Congo ce sont les journalistes qui sont terrifiés et intimidés en lieu et place des malfaiteurs et assassins.

Conséquence: ils sont muselés, ils voient et entendent des choses mais ils n’osent le dire craignant de perdre leur vie.

Le journaliste congolais fait donc partie de la génération des sacrifiés dans un pays pourtant démocratique comme l’indique son nom.

Qui va les protéger?

 

 

 

 

 

 

10/11/2008

Quels remèdes pour l'ESt du Congo?

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Après des combats à grande échelle dans le Nord Kivu depuis fin août , les belligérants ont trouvé une nouvelle scène: Ngungu. Cette localité est située à cheval entre le Nord et le Sud-Kivu. Selon les dernières informations, de violents combats ont éclaté dimanche 9 Novembre matin dans  cette localité entre les rebelles du CNDP et de Combattants hutus rwandais, FDLR. Pourtant les  chefs d'Etat de la RDC et du Rwanda (accusé de soutenir les rebelles) se sont retrouvé vendredi 7 Novembre à Nairobie pour tenter de décanter une situation on ne peut plus inquiétante. La rencontre ne s'est soldé qu'en un simple appel au cessez-le-feu qui , une fois de plus, est tombé dans les oreilles de sourds.Finalement, que faut-il faire pour sauver l'Est du Congo et par conséquent la région des Grands lacs?

Mixer?

photo_1225698014825-5-0.jpgLes efforts de la Communauté internationale se sont montrés vains. Celle-ci, de connivence avec le gouvernement congolais  a proposé à Laurent Nkunda  le processus très controversé du "mixage". Le général déchu verrait ses troupes déployées localement plutôt qu’envoyées ailleurs au Congo. Cependant , Laurent NKunda a exigé que ce processus puisse aboutir à des accords politiques, qui selon lui, n’ont toujours pas eu lieu. Ce processus a également montré ses limites dans la mesure où des habitants se sont dits moins rassurés."Les mêmes auteurs d'exactions deviennent soldats de l'armée censée nous protéger, ça ne nous rassure pas", a affirmé l'un d'eux à l'Ong internationale Human right watch. Le mixage n'est pas la bonne solution.

Désarmer?

En janvier 2008 les différents belligérants  se sont retrouvés à Goma, capitale du Nord-Kivu . Ils ont décidé de désarmer et de s'engager dans le processus "Amani" (paix) en swahili . Quelques temps après, les combats ont repris et toutes les parties signataires n'ont pas hésité à violer ces accords. Pour se justifier, elles ont accusé Kinshasa de soutenir les milices et de  ne pas tenir sa promesse, celle de financer la sensibilisation des combattants au désarmement . Depuis personne n'a désarmé et qui pis est, la  plupart des combattants démobilisés ont été re-enrôlés tant par les CNDP que par les autres milices, à en croire  la mission de l'Onu au Congo (Monuc). Les armes rendues dans le cadre de la démobilisaton, sont furtivement remplacées par d'autres beaucoup plus sophistiquées, en provenance du Rwanda. Le président congolais a lui-même accusé en octobre dernier le Rwanda de financer les CNDP. Cela n'a rien changé et les combats se sont davantage intensifiés.

 Amnistier?  

Au début du second semestre de l'année en cours, le président Joseph Kabila a promulgué la loi sur l'amnistie des rebelles actifs dans l'est du Congo pour des crimes de guerre et crimes contre l'humanité. Cette décision n'a influencé en rien l'attitude des différents protagonistes notemment le CNDP et la milice Mai Mai du Pareco. Lundi, ces deux factions ont été accusées de crimes de guerre par le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies au Congo, Alan Doss. Il a denoncé l'existence de fosses communes récentes à Kiwanja où les CNDP et Pareco se sont affrontés.

Attaquer?

Impossible, la RDC n'a plus d'armée. Certains soldats ont réintégré les milices, d'autres ont carément déserté et d'autres encore sont morts. Que peuvent des soldats non ravaitaillés et dispersés contre des rebelles  entraînés et bien équipés? 

Finalement l'option diplomatique ferait l'affaire. Je propose donc un dialogue franc  d'une part entre les Rwandais , question de trouver une solution pour accueillir les combattants hutus rwandais. Et d'autre part, une rencontre entre toutes les factions belligérentes tant directes qu'indirectes.

Il faut également lutter contre l'impunité en lancant officiellement un mandat d'arrêt international contre les auteurs de crimes de guerre et crimes contre l'humanité. Une amnistie ne ferait qu'encourager les récidivistes.

Le gouvernement congolais ainsi que ses alliés occidentaux devraient demander aux Usa ( alliés du Rwanda) d'imposer à Kagame l'arrêt de ses manigances occultes aux Congo.

Enfin il faudra aider le Congo à reconstituer son armée, non avec des rebelles mais avec des patriotes instruits.

ATK.

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